Anne le Bellec, Chateau Musée Annecy

17 septembre 2020
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Au cours du 12e siècle, la population se rassemble autour du Thiou, rivière formant l'exutoire naturel du lac d'Annecy dont elle utilise la force motrice. Ce cours d'eau se situe en contrebas d'un éperon rocheux, poste d'observation par excellence. De là, les alentours se découvrent, au nord et à l'est, offrant une possibilité de se défendre des plus appréciables.

Un château construit sur le rocher

On peut encore aujourd'hui chercher à localiser la présence du rocher à l'endroit où le château a été bâti. Il apparaît au pied de la tour de la Reine et forme le soubassement du logis Nemours. C'est sans doute le point le plus élevé. En allant vers le fond de la cour du château, il semble décliner. Il est repéré à 0,80 mètre de profondeur au devant du logis Neuf et disparaît sous le logis et la tour Perrière dont les premières assises sont situées environ neuf mètres en dessous de la cour. Peut-être qu'à cet endroit précis existaient des carrières (d'où le nom de Perrière) exploitées jusqu'au moment de la construction des bâtiments du même nom. Le puits d'une quarantaine de mètres de profondeur est creusé dans le rocher brut. Il est signalé pour la première fois en 1371.

La Tour de la Reine

Les origines du château sont très mal connues. Seules des hypothèses ont été émises grâce à des documents trop rares et des observations archéologiques. L'imposante tour de la Reine, sentinelle veillant sur l'entrée du château depuis le 13e siècle, est la construction la plus ancienne. On repère en l'observant depuis la place du Château, trois périodes de construction, chacune bien identifiée par un appareil de pierre distinct. Pour la première, seule la forme des fenêtres de tirs en permet la datation et aucune trace de reprises se constate de l'intérieur. Une seule campagne de construction a par conséquent été nécessaire. On ajoute à une date inconnue le deuxième niveau accessible depuis le chemin de ronde. Puis au 15e siècle, seule date confirmée par les textes, le troisième et dernier niveau est édifié sous le règne de Janus de Savoie.

La Tour de la reine imposante et massive s'élève à une trentaine de mètres de hauteur avec des murs qui ont plus de quatre mètres d'épaisseur à la base. Elle est un rare témoignage de l'architecture militaire de la fin du Moyen Âge. Depuis le 18e siècle, une légende veut nous faire imaginer qu'elle a été édifiée pour servir de prison à une reine ! Cette histoire inventée de toute pièce, lui a permis de prendre un nom plus agréable que le terme de Grande tour ou Grosse tour.

Le Vieux logis

Le Vieux logis est construit au 13e siècle sur le coté nord de l'escarpement, par les comtes de Genève dont cinq générations se succèdent jusqu'à l'extinction de cette dynastie en 1394. L'ancienne cuisine transformée en accueil du musée, conserve deux imposantes cheminées et son four à pain situé au rez-de-chaussée de la tour Saint-Pierre appelée aussi tour de la Bouteillerie ; un passe-plats aménagé dans le mur mitoyen de la salle des colonnes, était alors la seule communication avec cette vaste pièce, appelée ainsi en raison des 14 colonnes qui supportaient à l'origine le dallage de la salle supérieure. On la désignait aussi sous le terme de pèle car des fourneaux (des poêles) en assuraient le chauffage.

A l'étage supérieur, la grande salle était la pièce d'apparat, le lieu incontournable des fastueuses réceptions, de fêtes grandioses mais aussi le centre de décisions importantes, comme par exemple lorsque le comte réunissait ses conseillers à l'occasion d'une levée d'hommes en cas de guerre, de résolutions à prendre après un grave incendie ou de disette, c'était aussi jusqu'au 15e siècle le lieu où l'on rendait la justice. Au même niveau et juste au-dessus de la cuisine, la Chambre Rouge formait l'appartement privé des comtes de Genève. Deux tours assuraient la défense du Vieux logis, l'une, la tour Saint-Pierre possède encore sa couronne de créneaux, l'autre, la tour Saint-Paul ses mâchicoulis. Ce logis en proie à plusieurs incendies dans la première moitié du 15e siècle, est restauré par Amédée VIII de Savoie à qui l'on doit, entre autres choses, le très élégant plafond de la grande salle.

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